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Je tiens à remercier les Éditions Robert Laffont Canada pour m'avoir permis de faire la lecture de presse du roman Nora Webster de Colm Tóibín.

Nora Webster, Colm Tóibín 
Éditions Robert Laffont – 2016,
414 pages 
Roman, récits, femme – veuve, deuil, Irlande, années 60

Le commentaire de Martine:

On est à la fin des années 1960,  Nora Webster,  une mère d'âge moyen de quatre enfants en Irlande. Nora vient de perdre son mari,  donc elle devient veuve dans un univers rural,  où tout le monde se connaît. Le roman va débuter avec un défilé des voisins, des amis, des connaissances, etc. Nora se retrouve responsable du foyer sans aucun revenu et quatre bouches à nourrir. Elle est une femme qui a toujours été dépendante de son mari, elle devra prendre ses responsabilités de plus en plus. Elle va devoir prendre de grandes décisions qui vont déplaire à certains membres de la famille car pour ces décisions elle ne consultera pas sa famille, elle va vendre la maison de campagne, trouver un emploi, commencer à faire un cours de chant. Tous ces changements vont bouleverser sa vie, son identité et son autonomie. 
Parce qu'il n'y a pas de doute que le thème principal du roman est la douleur, Nora Webster est une belle et déchirante représentation de l'expérience d'une femme avec une dépression et sa solitude. Mais il évoque aussi la lutte du protagoniste à trouver et à exprimer sa propre voix et son identité. Nora est une femme intelligente avec des opinions fortes, mais en raison des circonstances sociales, elle n'a pas statué sur ce,  jusqu'à maintenant. Lentement, par la liberté qu'elle trouve dans son nouveau statut de veuve, elle commence à le faire. 
Bien sûr, des thèmes tels que la mort, la perte et la recherche d'identité seront familières aux lecteurs réguliers de Tóibín. Comme dans les romans précédents de Colm Tóibín, le monde de la petite ville d'Irlande est évoqué avec une habileté exceptionnelle. Nora Webster est une représentation perceptive tranquillement et merveilleusement modulée de la vie en Irlande à la fin des années soixante et au début des années soixante-dix. Il est si riche en détails, avec un dialogue que vous vous sentez être dans le monde de Nora. Colm Tóibín est célèbre pour sa maîtrise du style et de la forme. Et si cela est un livre sur le deuil,  alors sa plume soignée conçue pour refléter et compléter son sujet, comme la musique que Nora joue pour consolider sa tristesse. 
Je viens de terminer un roman d'une délicatesse somptueuse, j'ai passé un beau moment au cœur de la vie de Nora Webster. J'avais aimé ma lecture de Brooklyn et cette deuxième lecture de cet auteur me confirme son immense talent. 

Résumé : 


Découvrez l’un des romans les plus émouvants et les plus aboutis de Colm Tóibín! 
Irlande, fin des années 1960. Nora vient de perdre son mari. Entre hébétude et chagrin, elle fait face à la nécessité en reprenant un emploi, vend la maison de vacances sur la côte, tente d’aider ses quatre enfants qui se débattent avec leur deuil. Puis, très lentement, elle se laisse gagner par un sentiment nouveau : être veuve, c’est goûter à la liberté. Sous les regards critiques de la petite ville où elle a toujours vécu, elle prend des cours de chant, s’achète une chaîne stéréo et passe ses rares moments de liberté à écouter des disques. La profondeur des émotions que soulèvent en elle la musique s’accorde au lent réveil de sa sensibilité et de sa personnalité. Au début, ce sont de toutes petites choses, mais sous cette apparente inertie, que de bouleversements ! Elle se découvre des forces qu’elle ignorait, se rapproche de ses enfants et s’impose tant au travail qu’auprès des commères qui l’observent. Pas à pas et sans éclat, elle conquiert son autonomie, tandis qu’autour d’elle la société irlandaise ébauche sa mutation : le mouvement pour les droits civiques en Irlande du Nord se développe dans la violence, et le rôle que devrait adopter la république irlandaise face au conflit est sévèrement débattu dans les familles. 
« Les phrases porteuses d’informations ne m’intéressent pas. Ce sont celles qui renferment de l’émotion qui m’intéressent. Plutôt que de raconter une histoire, je cherche à heurter le système nerveux émotionnel du lecteur à travers le rythme. Il faut contenir l’émotion, la relâcher, la contenir, la relâcher. » Colm Tóibín

Tag(s) : #ROMAN DRAMATIQUE