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-Fleuve Coffret

-T1 : Le fleuve, T2 : Le ciel, T3 : L'enfer, T4 : La terre

-Sylvie Drapeau

-Leméac Éditeur

-Romans, québécois, famille, deuil, maternité, coffret, tétralogie

 

*Merci à Leméac Éditeur pour ce service de presse*

*Leméac Éditeur*

Le commentaire de Lynda : COUP DE COEUR!

Je ne suis pas sortie indemne de la lecture de ces 4 petits livres, tout petits, mais comme j'ai adoré chacune des pages de ces lectures. Ces livres sont présentés dans un coffret, et les quatre histoires sont reliées entre elles, un peu comme une suite. Je vais vous donner mon ressenti, sur chacun de ces quatre petits livres, qui ont été pour moi un gros coup de cœur!

 

Le fleuve

72 pages

Le commentaire de Lynda :

La meute, c'est une famille de la Côte-Nord, une famille vivant sur le bord du fleuve. Ce majestueux fleuve, de par sa beauté et son accessibilité est un véritable trésor pour les enfants de la meute. Jusqu'au jour où le merveilleux fleuve deviendra le tombeau d'un des enfants, Roch. La famille est dévastée, la mère peine à continuer à vivre, tant la douleur est intense. Mais c'est la petite sœur, qui est dévastée, son monde s'est écroulé, son grand frère, son compagnon de jeu n'est plus, et au travers tout ça, la peine de la mère est tellement grande, que les autres y compris la petite, deviennent presque invisibles à ces yeux. C'est une souffrance à l'état pur que vont vivre les membres de cette famille, chacun à leurs façons, chacun avec ses propres émotions, sentiments, et même un certain degré de culpabilité.
À travers les mots de l'auteur, on peut ressentir une certaine poésie, c'est écrit avec les mots du cœur, elle nous fait sentir cette détresse psychologique chez la mère, presque une morte-vivante. Le manque de ce frère, chez les sœurs. Le père, qui avec la figure du père et comme il se doit, ne montre pas ses sentiments, mais on le sent ébranlé. Dans cet épisode, on vit le deuil, la culpabilité, la famille, la joie des enfants, mais aussi la grande peine, quand la meute se retrouve amputée d'un de ses membres. C'est tout ça que nous ressentons à travers les mots de Sylvie Drapeau.

 

Résumé :

Pour les enfants de la meute, qui ont grandi sur la Côte-Nord, le fleuve est
omniprésent ; il forme une toile de fond, un imaginaire, un décor dans lequel
camper toutes les aventures, une inépuisable source d’émerveillement. Mais un
jour cette force amie se transforme en monstre, emportant Roch, le grand frère
adoré, l’avalant, le brisant, le noyant sous leurs yeux horrifiés. Un drame dont nul
ne peut se remettre, surtout pas les parents. En attendant qu’on retrouve le corps,
les petits seront dispersés. L’été qui s’annonce, bien qu’initiatique, sera un long
chemin de croix.

Entre la cueillette de fruits défendus, les excursions exaltantes dans la forêt bleue,
les visites étonnées dans un sud aussi doux que le nord est rude et sauvage, se
dessine le destin d’une famille marquée par la tragédie et la renaissance. Et celui
d’une petite fille sauvée par une maîtresse d’école qui a « deux pierres précieuses à
la place des yeux ».

Femme de parole, l’auteure connaît tous les rouages du langage, ses moindres
subtilités, ses résonances profondes. Elle nous offre un texte poétique d’une grande
beauté, un chant pieux, une merveilleuse prière qui dit la douleur et la rédemption
avec une justesse infinie.

 

 

Le Ciel

72 pages

Le commentaire de Lynda :

La petite fille du fleuve a grandi, c'est une jeune femme maintenant. Elle ne vit plus en permanence sur la Côte, non elle habite la ville, et vit la vie d'une jeune femme de son temps. Pourtant, le seul endroit où elle peut se ressourcer, refaire le plein, c'est à la maison, là où est sa mère, là où elle retrouve les autres membres de la meute.
Pour la mère, la vie de sa fille, c'est la vie qu'elle aurait voulu avoir, les études, la liberté, les voyages entre autres, à Paris. Mais non, elle a consacré sa vie, à sa famille, son mari, ses enfants, la maison, etc. En laissant de côté tous ses rêves. Vivant donc à travers la vie de sa fille, par envie ou jalousie, on ne sait pas vraiment, tout ce que l'on sait ou ressent, c'est qu'elle aurait tellement voulu être à sa place... Simplement ''vivre'' pour elle et non pas pour les autres.
Dans cet épisode, c'est l'amour qui prend une place, mais c'est aussi le manque de sa mère, simplement entendre sa voix, quand on est loin, remets les choses un peu à leur place, et c'est ce que l'enfant du fleuve avait besoin. L'auteure nous montre la souffrance de chacune, différente, mais tellement semblable. On ressent ce vide immense impossible à combler, pourtant l'une comme l'autre ont besoin l'une de l'autre. La mère dans ce récit, représente un phare, autour duquel la meute se rassemble, jusqu'au jour où la lumière du phare s'éteint, encore trop tôt. Ce tome m'a beaucoup ébranlé, et fait prendre conscience de bien des choses... La relation mère-fille est mise en évidence, le besoin l'une de l'autre est non seulement marquant mais déchirant également!

 

Résumé :

Je me berce doucement dans la cabine, tenant le récepteur comme je tiendrais l’une de tes si belles mains. Je pense : je vais pouvoir respirer, elle me parle. Maman me parle.

L’enfant du Fleuve a aujourd’hui vingt ans. Elle habite désormais la grande ville, fréquente l’université, a un amoureux, voyage à Paris. Mais c’est dans la maison familiale, sur la Côte-Nord, qu’elle court se réfugier chaque fois qu’elle le peut. Avec son regard de jeune femme libre, du moins en apparence, elle y observe sa mère, qui s’est sacrifiée pour sa famille, faisant une croix sur ses rêves, elle qui aurait tant aimé être « savante », visiter la France, peut-être même devenir peintre ; cette femme si différente, avec qui elle partage pourtant une blessure fondamentale…

Dans Le fleuve, Sylvie Drapeau nous révélait son grand talent d’écrivaine. Cette suite, émouvante, magnifique, douloureuse, est débordante d’humanité.

 

 

L'enfer

96 pages

Le commentaire de Lynda :

On continue avec la meute, même si celle-ci a été amputée par la mort de Roch, il y a quelques années, et par le vide laissé par la mère. Un des membres de la meute a souffert d'une façon très profonde, celle qui était sa lumière, son poteau, qui le stimulait, qui était son souffle n'est plus. Richard, continue à sombrer, lui qui était trop jeune lors du premier deuil, celui de Roch, a toujours ressenti des sentiments forts envers sa mère mais aussi, envers ce père, pour qui il n'a jamais été le fils parfait.
Dans cet épisode, on découvre que Richard souffre d'un problème mental, les sœurs mises au courant vont se rallier pour essayer de le rattraper, de le ramener...Mais ce sera plus difficile qu'elles ne le croient.
Encore une fois, l'auteure frappe au cœur avec l'histoire de Richard, moi elle m'a tout simplement bouleversé. Elle sait trouver les mots pour nous faire ressentir exactement ce que l'on doit ressentir.

 

Résumé :

Parti de la Côte-Nord rejoindre ses soeurs et étudier à l'université, Richard, le petit dernier, le frère adoré, se met à agir de façon de plus en plus étrange. Alerté, la meute se rallie, l'entoure d'amour. Mais rien n'y fait. Un jour, il avoue l'impensable : des gens s'adressent à lui dans sa tête. Il n'est plus seul à l'intérieur. Commence alors la descente aux enfers.

 

 

La Terre

96 pages

Le commentaire de Lynda :

Oui dernier tome, et malgré que se soit 4 touts petits livres, j'ai pris mon temps, dégusté chacun des tomes, étirés pour ne pas arrêter le plaisir que j'ai eu à lire ce coffret.
Dans ce dernier tome, les émotions sont à leurs combles. La fille du fleuve, comme les autres membres de la meute, a dû vivre plusieurs tragédies, Richard, la mère, et Roch bien sûr. La voilà adulte, et mère à son tour, et pourtant la vie n'a pas encore décidé de l'épargner, de la ménager. Une autre de la meute, Suzanne est dans le déclin, une attaque, des vaisseaux sanguins éclatés, elle en est à ses derniers jours. Et de son côté la fille du fleuve, elle, déprime, ne trouve plus la force de continuer, pourtant, elle devra le faire.
Dans ce tome, c'est encore le deuil, mais c'est aussi la dépression, oui tout cela est lourd, mais c'est avant tout, la remontée de la fille du fleuve, qui rebondit, qui remonte, qui trouve l'espoir et le courage de continuer, non elle n'est pas prête à rejoindre ''ses morts'', elle veut vivre, elle veut continuer. Dans cet épisode, l'auteure nous fait vivre l'espoir, malgré la fin de vie d'un être cher, malgré les épreuves que la vie apporte. 
À plusieurs reprises pendant la lecture de ce coffret, j'ai eu une grosse boule dans la gorge, j'ai ressenti la peine, la tristesse, le désespoir de la fille du fleuve. Mais j'ai aussi ressenti l'amour démesuré de la meute, les sentiments de la mère qui était le phare de cette famille, et l'espoir, oui surtout l'espoir, que malgré tout la vie continue, et qu'avec un peu d'effort, elle peut être très belle malgré tout!

 

 

Résumé :

Quatrième tome d’une tétralogie amorcée en 2015, La terre marque la fin d’une histoire inoubliable. Celle d’une famille de la Côte-Nord hantée par les tragédies. Celle d’une femme qui doit apprendre à apprivoiser « ses morts » si elle ne veut pas se perdre. Celle d’une « meute » abîmée mais indestructible, soudée à tout jamais par les liens du sang. 

Après avoir assisté, impuissante, à la noyade de son frère aîné (Le fleuve), être devenue adulte alors que sa mère déclinait (Le ciel) et mère à son tour pendant le délire de son frère (L’enfer), voilà que la narratrice voit sa vie lui échapper au même moment où sa sœur aînée, l’autre artiste de la fratrie, s’écroule, terrassée par une explosion de vaisseaux sanguins dans son cerveau.

Ce pourrait être une histoire triste, noire, désespérée. Mais c’est plein de couleurs et d’espoir. Écrit avec une sensibilité portée par chacun de ses mots, La terre met un point final à une série d’une grande beauté.

Tag(s) : #ROMAN, #QUÉBÉCOIS, #FAMILLE, #DEUIL, #MATERNITÉ, #COFFRET, #TÉTRALOGIE